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Qu'est-ce
que la salsa? Une définition unique n'existe pas : la
salsa est vivante, en constante évolution depuis des
années.
La
danse
Il s'agit d'une danse, bien sûr, et d'une musique, riche
de toutes les sonorités et de tous les rythmes des Caraïbes.
Le couple de salseros exécute généralement
une multitude de figures et de pas. Cependant, lors de solos,
les danseurs peuvent se séparer pour démontrer
leur savoir-faire en matière de jeux de pieds. La salsa
portoricaine se caractérise par ses figures qui respectent
des déplacements linéaires, alors que la salsa
cubaine compte plusieurs déplacements circulaires. Apprendre
à salser représente un défi en raison des
pas compliqués et des pauses que l'on doit respecter.
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Une
culture
La salsa représente aussi une culture. Dans les pièces
de salsa, la violence, la vie et la mort, l'amour, le sexe ou
la politique se croisent selon le tempérament des auteurs
et des interprètes. On peut trouver dans la salsa l'esprit
de la fête comme la nostalgie des exclus ou des opprimés.
Elle est aussi l'expression d'un certain machisme dans sa manière
de définir l'amour et de représenter la femme.
Chaque
pays de la zone des Caraïbes s'attribue tour à tour
la paternité de la salsa, particulièrement Cuba
et Porto Rico. En réalité, la salsa popularisée
aujourd'hui est née à Spanish Harlem, le quartier
hispanophone de New York, vers la fin des années 1960.
Elle est le fruit d'une longue maturation des musiques afro-caraïbes,
principalement afro-cubaines, et d'un mélange de nombreuses
influences.
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Des
origines lointaines
Les Espagnols arrivent sur l'île de Cuba au début
du XVIe siècle. Ceux qui s'y installent établissent
des plantations de canne à sucre. Ils emploient, pour
le travail, des Indiens Taïnos réduits à
l'esclavage. L'Église finit par s'opposer à la
mise en esclavage des Indiens et les Espagnols optent alors
pour la solution africaine. Des milliers de Noirs, provenant
surtout du Golfe de Guinée, deviendront esclaves.
C'est
ainsi qu'à Cuba, les vivaces traditions africaines, seul
bagage emporté par les esclaves, côtoient les traditions
arrivées d'Espagne : ces deux cultures vont se mélanger,
se malaxer, s'amalgamer l'une à l'autre pendant des dizaines
d'années.
Des
colons français, fuyant Haïti en révolution
anti-esclavagiste, arrivent à Cuba accompagnés
de leurs propres esclaves vers la fin du XVIIIe siècle
et apportent leur contribution culturelle.
«
Quand les maîtres ne leur permettent pas de danser dans
l'habitation, [les esclaves] feront trois ou quatre lieues après
qu'ils auront quitté leur travail de la sucrerie le samedi
à minuit pour se trouver quelque lieu où ils savent
qu'il y a une danse », écrivait le Révérend
Père Labat au XVIIe siècle.
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Une
cubanité naissante
Dans le creuset culturel qu'est alors Cuba, de nouvelles musiques
se développent à partir de ces influences. Mentionnons
le danzòn, le son, la guaracha, la rumba et le bolero.
Un genre musical, le son, finit par dominer la culture musicale
au début du XIXe siècle, non seulement à
Cuba, mais dans la plupart des pays des Caraïbes, notamment
à Porto Rico. La majorité des chansons salsa produites
plus tard à Cuba sont construites sur le modèle
du son.
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Les
influences portoricaines
En plus d'importer et d'adopter les musiques cubaines, les Portoricains,
dont la culture musicale est également riche, développent
leurs propres genres musicaux, le seis, la bomba et la plena.
Comme les Portoricains commencent à émigrer vers
New York à partir des années 1920, leur musique
devient autant un produit new-yorkais que portoricain.
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L'influence
du mambo
L'invention du mambo, vers 1940, influence aussi la future salsa.
Il s'agit d'une fusion des rythmes afro-cubains avec le swing
et le jazz. Sa création est attribuée au Cubain
Pérez Prado, qui a passé la majorité de
sa vie à l'extérieur de l'île, au Mexique
et ailleurs, subissant et prodiguant lui-même de multiples
influences…
Le
mambo atteint son apogée à New York, dans les
années 1950. Certains groupes combinent le mambo avec
le son et la guaracha, alors que d'autres incorporent au mambo
des arrangements de jazz instrumental.
Pendant
que Pérez Prado travaille surtout à Mexico et
que les groupes de mambo développent leurs styles propres,
les Cubains à leur tour commencent à émigrer
massivement vers les États-Unis. La musique cubaine commence
une nouvelle vie à l'extérieur de son île
et la table est mise pour l'explosion des la salsa des années
1960.
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La
salsa à New York
La salsa proprement dite naît à New York, à
la fin des années 1960, inventée par les musiciens
des barrios, quartiers pauvres latinos. Elle grandit ensuite
dans les milieux cubains new-yorkais et s'y épanouit
dès le milieu des années 1970, où la vie
nocturne de la diaspora latine est très intense. Comme
nous l'avons vu, plusieurs vagues musicales lui avaient ouvert
la route : le son cubain des années 1950, le retour à
la charanga, le mambo teinté de soul. D'autres influences
se mélangent aux variantes afro-cubaines, notamment,
le boogaloo, la bomba et la plena des Portoricains, le merengue
des Dominicains et la cumbia des Colombiens. Enfin, la vogue
des orchestres tipico contribue elle aussi à l'expansion
de la salsa.
La
présence du piano, de la basse, des cuivres et de nombreux
instruments de percussion est typique de la musique salsa. De
plus, la clave, instrument composé de deux morceaux de
bois qui, entrechoqués, marquent le rythme, se retrouve
dans toutes les salsa. Cette alliance donne à la salsa
son caractère flamboyant et jazzé.
Durant
les années 1980, toute l'Amérique hispanophone
adopte la salsa, et plusieurs pays y apportent leur contribution
: Cuba et Porto Rico, évidemment, mais aussi la Colombie,
le Venezuela et Panama. La salsa connaît ensuite un essor
prodigieux et elle est maintenant connue, jouée et dansée
dans le monde entier.
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Écouter
un extrait musical de salsa |
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L'équipe
de gestion
Komlanvi
Dodjro et Claudine Martel
Professeurs de salsa, rueda, merengue bachata et chacha
Gatineau (Hull), Masson-Buckingham, (Québec, Canada)
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